L’addiction est monnaie courante. Que se soit pour Netflix, son smartphone, son boulot, les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le tabac, le sexe, la cigarette électronique, l’alcool se ronger les ongles ou l’huile d’olive, chacun la sienne.
D’ailleurs on peut l’entendre partout cette phrase: “Non mais moi mon tel c’est ma vieee !”
A la différence que certaine addiction font partie de la norme en étant acceptées socialement, tandis que d’autres ne le sont pas. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’en sont pas moins néfastes.

Il paraitrait qu’à l’époque de Freud, il était “normal” de prescrire de la cocaïne à certain patient.
On passera le fait que lui même en était dépendant, hein…
De nos jours, une utilisation maitrisée des opiacées est courante pour les anesthésies.
Ce n’est pas pour autant que nous devenons toxicomane après une opération.
Nous sommes tous “addict” à quelques chose, en revanche, et heureusement, nous ne sommes pas tous dépendant ou toxicomane.
Il y a différents degrés à l’addiction.
L’on définit ce degré en rapport au retentissement délétère qu’il peut avoir sur une vie:
- Emotion fluctuante invalidante
- prise ou perte de poids
- retrait de la vie sociale ou professionnel
- manque d’indépendance
- problème financier
- problème familiaux
- baisse d’estime et de confiance en soi….
Une addiction est le résultat d’un vécu dans un environnements, qui peut être favorisée par une détresse ou des troubles psychologique.
C’est quoi l’addiction ?
Il faut en premier lieu savoir faire la distinction entre addiction, dépendance et toxicomanie.
Être addict, c’est être dans l’incapacité de contrôler une consommation, même si l’on sait qu’elle est néfaste pour soi. C’est un trouble du comportement.
L’addiction n’est pas synonyme de prise de substance mais d’un comportement particulier au sein d’un contexte.
La dépendance, est un processus psychologique qui maintient la personne dans un cycle pour éviter les effets indésirables d’un manque.
La toxicomanie, quant à elle, relève de la prise de substance associée à un comportement dépendant.
Ce qui explique pourquoi on ne devient pas dépendants aux opiacées à la suite d’un anesthésie.
La prise d’opiacées n’est pas le but, elle n’est pas habituelle et ne participe pas au circuit de la récompense.
Pour exemple: les personnes qui sont victimes d’anorexie, sont dépendantes au contrôle qu’elles opèrent consciemment ou inconsciemment sur leur corps. Elles ne sont pas toxicomanes, mais dépendantes aux comportement instauré (aux schémas) pour des raisons de survie émotionnelle qui leur est propre.
Comment le cerveau devient dépendant ?
Tout se passe au niveau du circuit de la récompense.
Le circuit de la récompense, kesako ?
On répète certaines habitudes pour rechercher du plaisir physique et physiologique (manger, dormir, faire l’amour).
C’est un phénomène adaptatif qui nous à permis de perdurer dans le temps.
Quand un individu est dépendant à une substance, à une routine, à des schémas comportementaux répétés et que cela devient compulsif, le circuit de la récompense est actif et biaisé. C’est ici que l’on peut également parler de troubles anxieux et de la dépendance affective par exemple.
Et là c’est le drame, l’accoutumance pointe le bout de son nez. Ce qui a pour effet de hacker notre cerveau.
La dopamine, la sérotonine et l’ocytocine (qui forment le cocktail chimique du plaisir) sont produites en grosse quantité lors de la prise de stupéfiants ou d’un comportement “réconfortant”.
Cette action qui “soulage” à court terme va laisser un énorme vide une fois l’effet dissipé.
Il faut se rappeler qu’il est tout est aussi important de prendre une substance que de se nourrir, pour le cerveau d’une personne toxicomane.
C’est vital et l’individu ne peut véritablement pas faire autrement.
Il ne sert à rien de lui dire de “se motiver” ou “ d’y mettre un peu de volonté”.
C’est comme dire de se bouger les fesses à quelqu’un en dépression.
Ça ne marche pas comme ça.
D’autant plus que nous ne naissons pas égaux en terme de taux hormonal. Devenir addict n’est pas un choix mais une combinaison de facteurs.
Et le circuit de la récompense ça vient d’où ?
Cela commence en étant nourrisson où le circuit de la récompense commence à se former.
On a faim, on boit du lait et on est content.
On a encore faim (on pleure si besoin) on prend son biberon, on est content, repus et rassasié.
Morphée nous appelle, on s’endort.
Notre corps va alors reproduire ce schéma pour ces besoins vitaux et il nous fait bien comprendre ce qu’il faut faire pour être bien et pour ressentir du plaisir.
C’est ce qu’on appelle le processus de conditionnement opérant qui peut être positif ou négatif.
Le circuit de la récompense va alors s’étoffer et va s’étendre à d’autres habitudes non « essentiels ».
Chacun ses “récompenses” apprises.
Vous tombez, vous vous faites mal, vous pleurez, vos parents vous consolent avec une friandise, vous ne pleurez plus. Si cela est répété et appris, vous avez un potentiel conditionnement qui s’opère et le sucre pourrait devenir une réponse satisfaisante, une récompense.
“Si tu fini ton assiette tu aura droit à ton dessert” (récompense)
En passant, cette phrase est hautement importante pour ce qui concerne les troubles du comportement alimentaire. Elle envoi le message que le sucre est une récompense supérieur alors que manger est déjà une source de plaisir en soi.
Vous arrivez à l’adolescence, vous avez un fort besoin d’acceptation social, vous commencer à fumer pour être accepter, ça vous rassure, vous avez trouvé des potes, vous vous sentez bien, socialement accepté et cela devient une source de plaisir. Ce comportement se voit alors renforcé et la personne apprend à associer un comportement à un sentiment de plaisir, l’addiction est là.
Le conditionnement
La théorie du conditionnement opérant nous enseigne qu’une personne peut apprendre à lier un comportement particulier à une conséquence agréable ou désagréable.
Des années plus tard, on a toujours une cigarette entre les doigts comme un doudou, en étant dépendant aux gestes, à la substance et à l’appartenance du groupe social dans lequel on évolue.
Même problème avec l’alcool qui a une très forte valeur social en France.
C’est quand notre vie est conditionnée et dictée par des schémas délétères que cela devient problématique.
Ces schémas, appris principalement en étant petit, évoluent en fonction des besoins de réconfort au cours de sa vie, comme des échos de l’enfance.
En psychanalyse on appel certains de ces comportements des régressions, cela fait parti des mécanismes de défense.
Sucer toujours son pouce, se ronger les ongles, fumer ou boire seraient des régressions de l’enfant qui sommeil en nous et qui tente de se rassurer.
Vous comprendrez que plus nous sommes et avons été anxieux, plus nous avons besoins de se réconforter.
Nous ne sommes pas égaux non plus au regard de notre environnement social.
Quelqu’un qui grandit dans un environnement insécure et/ou traumatique aura d’autant plus tendance à vouloir se rassurer par quelques manières que se soit.
Comment savoir repérer une dépendance ?
C’est le caractère obsessionnel qui fait l’addiction. Quand une personne est dépendante, une grosse partie de sa vie tourne autour de sa consommation.
Il ne peut s’en passer ce qui peut entrainer un retrait social.
Demander à quelqu’un s’il peut se passer d’écran pendant une semaine. La plupart des gens ne l’envisagerait pas.
En règle général, une personne dépendante sait qu’elle l’est. Il est souvent trop couteux (psychiquement parlant) de s’en sortir. Il se peut également qu’elle ne veuille pas l’accepter, elle est dans le déni.
Le déni est expliqué également dans un l’article Les mécanismes de défense
L’entourage est malheureusement impuissant face à tous cela et n’est en aucun cas responsable du comportement d’autrui. En revanche on peut soutenir cette personne avec écoute, présence et bienveillance.
D’un point de vue légale, si la personne est majeur, c’est seulement quand la vie de cette personne est en danger que l’entourage peut l’obliger à faire quelques chose en appelant les urgences.
D’où l’importance de l’acceptation de son état de dépendance.
C’est bien de cela dont on parle quand on félicite un alcoolique à la sortie de son déni en disant que c’est le premier le pas vers la guérisons.
Une fois conscientisé le travail thérapeutique peut commencer.
Si c’est votre enfant qui des problèmes d’addiction n’hésitez pas à appeler Drogue Info Service au
0800 23 13 13. Ce service est anonyme et gratuit, ouvert à l’appel 7j/7 de 8h à 2H .
L’accoutumance dans le processus de l’addiction, on en parle ?
C’est quand le cerveau prend le rôle de dictateur et qu’il incite fortement à combler le vide laissé par le manque en augmentant les doses.
C’est le stade qui succède à la dépendance. L’individu doit augmenter les doses pour être en capacité de combler ce manque.
Pour bien comprendre, imaginons que notre cerveau est constitué de petits paniers qui emmagasinent des doses de plaisir.
Quand on prend une substance, ça va augmenter non seulement le nombres de ces paniers mais aussi leur volume de contenance.
En tout cas à la première prise.
Qui dit trop de plaisir, dit beaucoup de manque.
Une fois les paniers vides, il va falloir les remplir. A chaque prise, il y aura de plus en plus de paniers à satisfaire et leur contenance aura augmenté. La demande sera plus importante que l’offre.
Ce pourquoi, on en veut toujours davantage pour combler ce vide et que l’objet de l’addiction fait de moins en moins effet.
On augmentera donc les doses que se soit pour le sucre, les écrans, le porno ou des substances toxique comme la cigarette, l’alcool ou l’héroïne.
C’est ce phénomène que nous nommons accoutumance.
Et en fait, pourquoi devient on dépendant ?
L’on nait dépendant ou devient-on dépendant ?
Vaste question… Il ressort de pas mal d’études scientifiques que l’on ne nait pas tous égaux chimiquement.
En effet, nos cerveaux n’ont pas la même capacité à recevoir certaine hormones comme l’ocytocine, la dopamine, l’endorphine ou la neuro-adrénaline par exemple.
Ce qui fait que certaine personne auront un terrain plus favorable que d’autres et seront davantage en demande d’hormone de plaisir.
Ensuite, la question de la dépendance se pose en rapport avec son vécu.
Donc, l’addiction est le résultat d’une conjoncture entre un individu vulnérable dans un environnement donné avec une substance et/ou un comportement.
La dépendance répond alors à ce besoin.
Aussi, il faut bien comprendre que le corps et l’esprit apprennent à se procurer du réconfort au fils des années.
Et pour cause, il en va de notre survit.
Comment sortir de l’addiction ?
Vouloir s’en sortir est la clé du voute du processus et en parler est déjà une très grand pas.
C’est un choix personnel et intime. Personne ne peut être responsable pour l’autre de choix qu’il opère.
J’ai l’habitude de dire aux personnes que j’accompagne que ce n’est pas en tirant sur une plante qu’on la fait pousser mais en prenant soin.
Il est primordiale de trouver à quel besoin répond cette addiction pour pouvoir passer au delà.
La Thérapie Cognitive et Comportementale s’avère très efficace pour sortir d’une addiction si on le souhaite. Vous apprendrez à repérer vos schéma répétitifs et créer des stratégie pour vous reconditionner de manière positives avec des objectifs atteignables.
Les groupes de parole et les thérapies de soutient s’avèrent également très efficaces.
L’important c’est d’être à l’aise dans le lien thérapeutique et la méthode utilisée.
Si vous rencontrez des difficultés et souhaitez vous en sortir, n’hésitez pas à me contacter dans la rubrique Prendre RDV .
Ce cours métrage met en exergue le mécanisme de l’accoutumance et de l’addiction.
Sachez qu’il peut être difficile à regarder pour les personnes sensibles.
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