Communication et émotions: Que se passe-t-il en nous ?

Notre communication est le baromètre de nos émotions. Avez-vous déjà ressenti ce décalage étrange entre ce que vous dites et ce que vous éprouvez vraiment au fond de vous ? Parfois, nous nous taisons pour ne pas faire de vagues ou pour ne pas être attaqué. D’autres fois, le ton monte plus vite que nous ne l’aurions souhaité.

La communication n’est pas seulement un échange de mots. C’est le reflet direct de notre état émotionnel. D’ailleurs on se rend souvent compte quand quelqu’un ne va pas bien grâce à la manière dont il s’exprime. Que se soit verbal ou non verbal.

Ce qui se joue dans nos interactions prend racine dans nos émotions, nos peurs et la manière dont nous traitons nos besoins fondamentaux par rapport à ceux d’autrui. Comprendre ces mécanismes est la première étape pour retrouver une parole authentique, apaisée et alignée.

1. La passivité : quand la communication est inexistante, elle cherche à protéger le lien

Lorsque nous adoptons une posture passive, nous avons tendance à nous effacer pour préserver le lien avant tout. Dans ce mode, l’individu donne la priorité aux besoins, aux souhaits et aux émotions des autres, souvent au détriment des siens.

Ce que votre ressenti physique vous indique

Dans cet état, une appréhension ou une tension s’installe. Vous pouvez éprouver de la tristesse ou de la honte de ne pas oser dire votre vérité. À l’intérieur, le constat est souvent le même : vous vous faites « petit » pour éviter le conflit car vous craignez de déranger, de déplaire, de ne pas correspondre à ce que vous redoutez le plus « devenir comme ma mère » « ressembler à mon père » ou bien par peur d’avoir des représailles. En effet, il y a une différence notable entre dire ce que l’on pense ou ce que l’on veut et nécessairement entrer en conflit.

Les risques d’un effacement prolongé

Parce qu’il n’exprime pas ses propres besoins, la personne passive s’expose à l’exploitation, même sans le savoir par des personnes bien intentionnées. Il se peut que la personnalité passive soit décrite comme maladroite. Le fait de ne rien dire à tendance à engendrer chez l’autre un sentiment de vide qu’il pourrait facilement à combler par des idées erronées.

Vous sentez alors un écart douloureux entre ce que vous voudriez dire et ce que votre vécu émotionnel réclame vraiment.

Ces personnalité ont appris que la meilleure défense est la fuite.

Les besoins importants de la personne à la communication passive

  • Être reconnue sans avoir à se battre
  • Sentir que sa présence est suffisante
  • Ressentir une sécurité dans la relation

2. L’agressivité : une armure face à la vulnérabilité

À l’opposé de la passivité, l’agressivité est un durcissement pour ne pas être touché. Ici, l’individu considère que seuls ses propres besoins et sentiments importent à l’instant où il porte cet attitude défensive comme une armure.

La manifestation de la tension

On le sait, l’agressivité se traduit par de la colère, de l’irritation et une tension notable dans le corps. On se met sur la défensive car on a peur d’être rabaissé ou ignoré.

Les besoins d’autrui sont alors ignorés ou dénigrés, souvent à travers un ton hostile ou des attaques personnelles.

À noter : Le cortisol est une hormone qui est généré lors de pique de stress. Il permet de réguler les taux de sucres et de graisse dans le corps pour avoir les apports énergétiques nécessaires pour fuir ou combattre.

Cela met un certain temps à se dissiper: 1 min de stress = 1h pour se dissiper

La colère est un stress, elle est donc génératrice de cortisol. 5 min de colère = 5h pour calmer son corps.

Ceci étant dit revenons à nos moutons.

Derrière ce besoin de garder le contrôle se cache une vulnérabilité profonde. En repoussant l’autre avant qu’il ne nous atteigne, on tente de protéger sa dignité et son sentiment de sécurité intérieure. C’est une stratégie de défense pour éviter d’être blessé.

Ce qui est ancrer c’est l’idée que la meilleur défense est l’attaque.

Les besoins importants de la personne à la communication agressive

  • De la sécurité
  • D’exister, d’être entendue et comprise
  • Du respect pour ses limites et ses valeurs

3. La communication passive-agressive : l’hostilité dissimulée

À mi-chemin entre la passivité et l’agressivité ouverte il y a la communication passive-agressive. Une guerre froide qui consiste à exprimer son mécontentement de façon indirecte.

Ici, la personne n’ose pas affirmer clairement son désaccord ou sa colère, mais ne parvient pas non plus à les contenir réellement. Le conflit est évité en surface, tout en étant maintenu en arrière-plan.

La manifestation de la tension

Recourir aux sous-entendus, au sarcasme, aux silences prolongés, aux oublis répétés ou à une lenteur volontaire est une manière de s’exprimer en soit.

Par ailleurs, leur discours peuvent sembler neutre, mais le ton, l’attitude ou les actes traduisent une résistance.

Cela évoquent une opposition indirecte et une difficulté persistante à exprimer ouvertement ses besoins ou sa frustration.

Les besoins importants de la personne qui adopte une posture passive-agressive

  • Eviter le conflit ouvert par peur du rejet.
  • Préserver la relation ou son image
  • Besoin de sécurité et d’intégrité
  • Besoin de contrôle

Ce qui est ancré, c’ets l’idée que la meilleur défense est l’illusion.

3. L’assertivité : un juste équilibre entre communication et émotions

Passons à l’assertivité, cet état où l’on se sent enfin « aligné  » avec ce qui est vrai pour soi. C’est une forme de communication où les besoins et les émotions de chacun sont considérés comme équivalents.

Un ressenti de sérénité intérieure

Quand on est assertif, on éprouve un calme et une sensation d’équilibre. On défend ses propres besoins tout en restant capable d’écouter et de respecter ceux des autres. Cette posture est caractérisée par une confiance tranquille et une réelle volonté de compromis.

Pourquoi viser l’assertivité ?

L’assertivité permet d’exprimer son vécu émotionnel sans agressivité. Elle nourrit notre intégrité et la qualité de la relation. C’est le mode de communication qui permet de rester « vrai » sans se refermer ni prendre trop de place.

Comment transformer votre manière de communiquer?

Pour transformer votre manière de communiquer, il est essentiel d’observer ce qui se joue émotionnellement en vous au moment de l’échange. Posez-vous ces quelques questions :

  • Identifiez vos tensions : Votre gorge se serre-t-elle (passivité) ou vos mâchoires se contractent-elles (agressivité) ?
  • Évaluez l’équilibre : Suis-je en train de sacrifier mes besoins ou d’ignorer ceux de l’autre ?
  • Cherchez l’alignement : Qu’est-ce qui m’aiderait à rester vrai sans me refermer ?

Reconnaître que sa présence suffit et affirmer que son droit d’être entendu est égal à celui de l’autre définit l’assertivité.

Il est à noter qu’une bonne communication ressemble davantage à une partie de pétanque qu’à une partie de ping pong.

Un mot sur la communication non violente (CNV)

La communication non violente est un outil essentiel pour transformer sa manière de concevoir un échange en excluant autant que faire se peut le « Tu » (le « Tu » qui tue).

Elle consiste à :

  • Observer les faits concrètement: « Je remarque que…, je constate que…, j’observe que… »
  • Se poser la question de son ressenti : « Je ressens que…, je me sens…., je suis….. »
  • Identifier son besoin : « Il est important pour moi de…, j’ai besoin de…. »
  • Formuler une demande claire et positive : « j’aimerais que….pourrait-on…serait-il possible que nous…. »

Exemple de situation:

Votre partenaire oublie régulièrement de faire des tâches ménagères qu’il a promis de faire.

Au lieu de dire « Tu soules, tu ne tiens jamais tes promesses, comment tu veux que je te fasses confiance? C’est toujours à moi de faire les choses !! B***** de ***** !!!!  » ( Je vous laisse deviner tout seul le juron en question )

Vous observer que la tâche n’est pas faite, vous ressentez que ça vous énerve, c’est important pour vous que se soit fait en temps et en heure. Faire ce cheminement mental devrait déjà calmer votre agacement et vous serez davantage en mesure de reformuler une demande constructive et claire comme celle-ci :

 » On ne fait pas toujours ce qu’on doit faire en terme de tâches ménagère. J’aimerais qu’on y soit plus attentif à notre répartition. Est ce que tu voudrais qu’on revoit notre organisation ? Je pense que ça rendrait la vie à la maison plus agréable pour nous deux. »

Plus facile à dire qu’à faire mais on peut s’y entrainer.

Conclusion : Un pas vers une communication authentique

La communication est un pont entre deux mondes, le sien vers celui des qui autres. En apprenant à écouter votre vécu émotionnel, vous permettez à vos relations de devenir des espaces de sécurité et de respect mutuel. En effet, ce n’est pas un exercice de perfection, mais un cheminement vers plus de clarté.

Et vous, de quelle partie de vous-même vous éloignez-vous quand vous n’osez pas exprimer votre sentiment profond ?

Si vous souhaitez explorer ces blocages, je vous accompagne dans ce processus thérapeutique pour retrouver votre liberté d’expression.

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